ACCUEIL arrow ANECDOTES ONANISTES arrow Fantasmagorie arrow La Pucelle d'Orléans
Menu principal
ACCUEIL
LUCE BRERA
VINCENT VAN GOGH
ANECDOTES ONANISTES
DOMAINE PUBLIC
Plans du site
Newsletter

S'abonner à la newsletter






La Pucelle d'Orléans

ANECDOTES ONANISTES




FANTASMAGORIE




La pucelle d'Orléans





La Pucelle d'Orléans - Photo du PMU à Sotteville les RouenMax se dépêche en cette fin de matinée de printemps. C’est vrai qu’il s’est un peu attardé au PMU. Non pas qu’il est chômé sur la pince ; il joue toujours les mêmes numéros. Mais Martine était là, et la Martine, elle n’engendre pas vraiment la mélancolie.

D’accord, c’est un beau petit lot, mais question de la sortir, elle peut vite devenir un nid à problèmes. Il faut la voir avec sa tête de Lolita et son accent rocailleux à la Colette lancer à un clille inconnu : « Alors, c’est-y que je pue de la gueule pour que tu me salues point, que j’ai waldenström, le sida ou je sais pas trop quoi ? ». Et de t’entreprendre le mec pour se faire payer un jaune, et de commencer à se faire chatte si jamais il renaude.

Tout pour affoler le bourgeois qui était venu tranquillement acheter sa baguette de pain et les gâteaux dominicaux. C’est sa légitime qui va être étonnée quand à peine rentré, il va la bousculer sur la table de cuisine pendant que le rôti brûle. Finalement se dit Max tout en cheminant, cette fille là, c’est la providence des sombres dimanches, l’alternative à l’école des fans, une sorte de bienfaitrice des couples en détresse, minés par l’usure du temps.

La Pucelle d'Orléans - Photo de l'amphithéâtre Richelieu à la Sorbonne en 2003Et pourtant elle pourrait être aigrie avec ses vingt ans à la peine. Conçue sur les bancs de la Sorbonne en mai 68, c’est un pur produit de la révolution sexuelle qui, malheureusement pour elle, n’a pas profité du virage à gauche toute qui aurait dû transformer ses chevelus de parents en respectables, si ce n’est respectés, bourgeois socialistes nationaux. Ben non, avant de sentir le vent tourner, il a fallu que ces deux abrutis fassent un mauvais trip à l’acide et veuillent s’envoler d’un 18éme étage pendant le congrès d’Epinay !

Abandonnée lâchement sur une aire d’autoroute par une grand-mère évaporée, elle n’eût plus pendant quelques années que la solution d’écumer les familles d’accueil du Berry profond, zigzagant entre les violeurs paysans et les curés pédophiles.

A l’âge d’à peine quinze ans, elle crut avoir enfin trouvé un havre sûr dans un orphelinat tenu par des religieuses anachroniques en ce siècle finissant. Les saintes femmes eurent, un sombre dimanche, la malheureuse idée d’emmener à la patinoire municipale la tendre enfant pour la récompenser de son ardeur à étudier le Cantique des Cantiques.

La Pucelle d'Orléans - Tableau: le verrou de FragonardMais était-ce Belzébuth, était-ce Marie Sainte Mère de Dieu qui avait décidé de faire son show ce jour là, toujours est-il qu’une collision merveilleuse autant qu’inattendue se produisit entre Martine la Bourguignonne et Raymond l’Armagnac, l’Adonis local.

Une intense chaleur les envahit tous deux. La glace était rompue. Soudés l’un à l’autre, ils s’envolèrent tels des anges vers une petite chambrette discrète tenter d’éteindre ce désir qui les consumait, tout cela sous les ovations de la foule et les génuflexions des nonnes transfigurées par ce miracle de l’amour.

S’ensuivit parait-il, mais Max n’était pas à Orléans ce jour-là, un irrépressible rapprochement entre les sexes dans le temple de glace et il fallut dit-on l’intervention d’une compagnie de Crs, spécialement composée d’eunuques, pour faire cesser le scandale.

La Pucelle d'Orléans - Photo du Père Peinard: le piloriCinq ans déjà. Max se souvient. Sous la botte socialiste, le royaume de France tombe en déliquescence.
Prévarication, corruption et promotion canapé sont les règles. La nomenklatura médicale du régime patauge dans le sang contaminé.

L’antiquaire du Grand-Quevilly invente les nouveaux pauvres. Les laquais de la rue de Solférino piochent dans les caisses de l’état quand ce n’est pas dans celles des associations humanitaires pour payer les châteaux en Sologne, les villas du Lubéron et les maisons de pêcheurs de l’île de Ré.

Les juges sont bâillonnés par les lois scélérates d’autoamnistie. La presse est muselée par des groupes financiers à la solde du pouvoir, en échange des marchés publics. La classe ouvrière gronde et vote mal. Par décret, elle est supprimée et remplacée par un nouveau prolétariat taillable et corvéable à merci, les sans-papiers.

La nouvelle de l’affaire de la patinoire parvient vite aux grandes oreilles de la rue Saint-Honoré. En habitué des coups de Jarnac, le Machiavel de l’Elysée y subodore un coup fourré destiné, il va sans dire, à déstabiliser son autorité immorale. D’ailleurs, n’y a-t-il pas déjà eu une histoire de Pucelle à Orléans ?

La Pucelle d'Orléans - Tableau de Charles LandseerCertes celle-ci ne risque pas de le rester bien longtemps, le feu sous la glace d’après ce qu’on lui a rapporté. Mais enfin se dit-il, mieux vaut prévenir que guérir comme lui a dit Lisbeth, sa voyante préférée.

La lippe soucieuse, d’un geste rendu auguste par la force de l’habitude, il sonne le capitaine Barouf, le chef de ses Tontons Macoutes. A peine trente secondes plus tard, apparaît l’homme au costume Ted Lapidus, fleurant bon le "Brut for Men" de Fabergé.

-Ave Caesar, Morituri te salutant aboie l’excité du bocal au regard de glace.

-Allons, allons Barouf, du calme ; il s’agit d’une affaire qui demande du doigté.

Le président a certes toute confiance dans son homme de main, mais se méfie de ses emportements sanglants. Le sicaire est efficace, mais il n’est pas toujours simple à tenir en laisse.

La Pucelle d'Orléans - Photo de la statue de Jeanne d'Arc place du Martroi à OrléansLe guide suprême a eu le temps de réfléchir. La première Pucelle d’Orléans a laissé une trace profonde dans le royaume de France.

Plus que son action, c’est son martyre qui a marqué le bon peuple, et l’abandon dont elle fut l’objet de la part des puissants de l’époque, excepté cet assassin illuminé de Gilles de Rais qui sera le seul à essayer de la sauver.

La pingrerie du fils d’Isabeau reste dans les mémoires, plus préoccupé qu’il était de savoir quel palefrenier était son géniteur plutôt que de sauver celle qui lui avait offert un royaume. Et puis le président a des rêves de grandeur posthume. Il imagine des arches triomphales, une pyramide au centre de sa capitale, va savoir peut-être même une bibliothèque géante qui fasse oublier celle d’Alexandrie.

Quand on lui parle des ses promesses, de son programme, de la misère qui envahit les rues : « Il ne m’en chaut guère » a-t-il coutume de répondre. « La grandeur d’un pays, c’est la grandeur de son chef ». Un vrai socialo pense Barouf, pétrifié d’admiration.

Soudain une idée traverse l’esprit retors du Conducator. Il s’en frotte les mains comme à son habitude quand la perspective d’un mauvais coup le met en joie. Il ouvre un tiroir secret de son bureau et tend une fiole à son condottiere.

La Pucelle d'Orléans - Photo d'Henri Désiré Landru à son procès"Voyez Capitaine, cette poudre a été trouvé au cours d’une perquisition chez Landru, au début du siècle.

Beaucoup d’historiens se sont demandés comment Landru attirait ses victimes. En fait il utilisait cette poudre, la poudre à Désiré, qui provoque un désir sexuel irrépressible.

Depuis des décennies, mes prédécesseurs et moi-même utilisons avec la mesure qui nous caractérise, cette poudre infernale. A forte dose, ses effets deviennent permanents. N’hésitez pas à bien « saler » le café de cette Bourguignonne et de son Armagnac. Au lieu de transformer cette Pucelle miraculeuse en martyre, nous allons en faire une saute au paf de première, ce qui bien sûr la perdra dans l’estime de ces braves bourgeois orléanais."

Ce qui fut dit fut fait.

Max est presque arrivé chez Doumé et Suzanne. Il ralentit un peu le pas en pensant à cette triste histoire. On aperçoit parfois Raymond dans les rues d’Orléans, entre deux séjours à l'asile. Il faut dire que sur lui, la poudre à Désiré a eu un drôle d’effet. Après une semaine priapique qui l’épuisa totalement, il s’acheta un âne et depuis il se balade dessus en robe de moine. Puis survient une crise, et nu sur son âne, il harangue la foule esbaudie en prédisant la grande partouze finale.

La Pucelle d'Orléans - Tableau de Peter Paul RubensQuand à Martine, Max repense à elle avec tendresse. Bien sûr, elle n’est plus vraiment responsable de ses débordements. Max le sait bien. Une nuit, et Max n’arrive pas à y penser sans quelque honte, il a profité de ses faveurs. Que voulez-vous, la chair est faible.

Au matin il se réveilla en sentant la chevelure de la donzelle caresser doucement sa poitrine velue. Soudain elle murmura:

« Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours » (annexe)

Elle est restée très fleur bleue, la Martine, pensa t-il !

Telle est donc la sombre et malheureuse histoire du miracle de la patinoire, des amants séparés, la Pucelle d’Orléans et Raymond l’Armagnac.

Priez pour eux. In Memoriam.

Arrivé devant chez Doumé, Max sonna à la porte. Suzanne vint lui ouvrir. Mais la suite est une autre histoire…




ANNEXE

Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

"Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Alphonse de Lamartine
in "Méditations poétiques"





Van Gogh sur Utopique Gallery Luce Brera sur Utopique Gallery Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Nous contacter
Anecdotes onanistes, le blog de mandrin45 sur Utopique Gallery Des ressources du domaine public présentes sur Utopique Gallery
Van Gogh
Gallery
Luce Brera
Gallery
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Anecdotes
Onanistes
Domaine
Public
 
< Précédent   Suivant >
 
© 2007/2009 - Design Utopique Gallery - Site motorisé par Joomla! Open Source sous licence GNU/GPL