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Ayez pitié de vos médecins suivi d' Hypocrisie et mensonges

ANECDOTES ONANISTES




MEDECINE
Ayez pitié de vos médecins




Cet article est paru sur l'ancienne version du blog Anecdotes onanistes hébergée chez Canalblog le 24 janvier 2007.
Il est suivi d'Hypocrisie et mensonges écrit le 07 décembre 2007.



Arrivée au centre Henri Becquerel de Rouen pour le traitement d'un cancerCe sont des ratés certes mais avant tout des êtres humains. Je m’explique. 

Pour prendre mon cas, je les ai toujours évité. Je savais qu'ils étaient des tortionnaires.  Ma sœur m’en est témoin ; enfant, je partais me cacher sous le lit lorsque notre médecin de famille arrivait à la maison.

Depuis une dizaine d’années, je fabrique moi même les certificats médicaux nécessaires pour le boulot afin d’éviter ces Esculapes d’opérette que sont les médecins du travail. Mais au mois de juin, j’ai bien vu que j’avais besoin d’eux. Je crachais le sang et je n'arrivais plus à tirer mes palettes.

Arrivée au centre Henri Becquerel de Rouen pour le traitement d'un cancer - Tableau d'Honoré Daumier Plein de confiance en la science et avec la foi du charbonnier, je me précipite au centre Henri Becquerel avec une extrême lenteur. Et pas insistant pour un sou, genre : "Il ne faut pas vous déranger pour moi, je repasserai demain, ça urge pas hein !". Et là le cirque s’est déclenché quand ils ont vu les résultats d’analyse.

Passons sur les détails. Deux heures après, enfoui au fond d’un lit, manquant déjà de tabac, je vois la femme médecine apparaître dans toute sa splendeur, suivi de son aréopage. Il y avait Melchior, le boutonneux de service et l’interne au visage de madone. J’avoue avoir fermé les yeux. Saint Augustin s’était trompé. Dieu n’est pas un homme, c’est une femme, charmante de surcroît.

Arrivée au centre Henri Becquerel de Rouen pour le traitement d'un cancer - Tableau de Philipp Veit Et là j’ai très vite compris que j’étais rentré dans le monde du mensonge ne serait ce que par omission.
Entre les actes manqués (protocole apparu comme par miracle, hein Jean Marc !), le refus de vocabulaire et la mine compatissante, la coupe a vite été pleine alors qu’elle savait que j’étais un internaute particulièrement informé.

Depuis j’ai réfléchi à ce comportement qui me semblait être un déni de mon intelligence. A l’heure des bilans, bien sur que j’ai des regrets d’avoir raté certains trucs. Mais il y a une chose dont je suis reconnaissant à la vie, c’est de connaître mon métier sur le bout des doigts, d’avoir toujours des yeux d’enfant quand je me rends compte que c’est moi qui ai dompté ce monstre.

Arrivée au centre Henri Becquerel de Rouen pour le traitement d'un cancer - Tableau de Piero di Cosimo Mais Elle, pendant que je piquais Briséis à Achille, que j’invectivais le monde avec Céline, que je fracassais les moulins à vent avec Durandal ou l’épée de d’Artagnan, que je me soûlais la gueule au fond d’une ferme écossaise au point d’en perdre mon camion, que j’admirais un lever de soleil après une nuit de débauche avec des ribauds et ribaudes d’occasion, etc. etc…, Elle, elle  étudiait la vie des globules. Fascinant n’est- il pas ?

Alors,au bout de je ne sais combien de dizaines d’années d’étude, quand elle voit Yves le naïf débarquer avec une petite maladie de rien de tout style Waldenström, comment voulez vous qu’elle me fasse la chronique de ma mort annoncée ?

Arrivée au centre Henri Becquerel de Rouen pour le traitement d'un cancer - Tableau de Paula Modersohn-BeckerJe suis la preuve de son échec professionnel, la négation de son existence, de ses rêves de petite fille de vouloir sauver le monde.

Toute une vie d’étude pour devoir me dire qu’elle ne sait rien ! Alors évidemment, elle dévie, elle obscurcit, elle élude soi-disant pour mon bien . L’éternel féminin en quelque sorte ! (Excusez moi, Nicole, Josiane et Arlette je crois maintenant, j’ai pas résisté…).

Donc mesdames, messieurs, aimez vos médecins, soyez compatissants avec eux. D’accord, ce sont des ratés de la vie, des épaves laissées sur le bord du chemin par l’inexorabilité de la mort.

Arrivée au centre Henri Becquerel de Rouen pour le traitement d'un cancerMais ils sont tellement fragiles et attendrissants parfois. Faites leur croire qu’ils sont des dieux. Cela les rassure sur leur destin… Et puis, si je suis vivant aujourd’hui, c’est aussi grâce à eux.
N.B. Je la vois lundi…Je vais lui faire croire que je pense qu’elle a réussi à me réparer...Elle va peut être finir par me dire que j’ai un cancer !



MEDECINE
Hypocrisie et mensonges




Hypocrisie et mensonges - Traitement d'une maladie de Waldenström au centre Henri Becquerel de Rouen - Tableau de Paul CézanneVoici donc près d’un an que j’avais écrit le texte ci-dessus. C’était la première fois que je m’exprimais par écrit et, en me relisant, même si je trouve la forme maladroite, je n’ai pas grand-chose à retirer sur le fond.

Si ce n’est peut-être une des dernières phrases : " Si je suis vivant aujourd’hui, c’est aussi grâce à eux ". Maintenant j’écrirais plutôt que c’est malgré les médecins du centre Henri Becquerel.

Si je reprends la chronologie des événements, dès que je suis arrivé à Becquerel, le mensonge a été présent.

Le premier interne à qui j’eus affaire s’offusqua dès que je lui posai une question. Ah me dit-il, " vous n’avez pas confiance " et aussitôt alla chercher " l’autorité supérieure ". J’en fus étonné et de là date mon manque de confiance, surtout qu’au cours de mes séjours à Becquerel, ce leitmotiv de la confiance me sembla omniprésent dans la tête des différents médecins que j’y rencontrai.

Hypocrisie et mensonges - Traitement d'une maladie de Waldenström au centre Henri Becquerel de Rouen - Tableau de Paul CézanneJ’ai mieux compris ce phénomène au fil du temps. Hypocrisie et mensonge sont en effet les deux principaux arguments thérapeutiques au centre Henri Becquerel de Rouen.

Hypocrisie bien sûr en affichant partout de façon très ostentatoire cette affichette sur les droits des malades avec entre autres cette phrase dans l’article 3 : " Le patient participe aux choix thérapeutiques qui le concerne ". Comment aurais-je participé à ces fameux choix puisque jamais un médecin de Becquerel ne m’a mis au courant de vive voix ne serait-ce que du nom de ma maladie ?

La seule façon dont je fus informé, c’est en trouvant un protocole de soins sur mon lit que je devais signer pour commencer une chimiothérapie. Et Internet bien sûr par la suite en lisant d’ailleurs entre autres des articles de ces mêmes médecins de Becquerel qui refusaient de m’informer . Ce 21éme siècle est décidemment étonnant ! 

Hypocrisie et mensonges - Traitement d'une maladie de Waldenström au centre Henri Becquerel de Rouen - Tableau de Giotto di BondoneMensonge évidemment en répondant à la moindre de vos questions avec une éloquence sophistique qui me paraît innée chez ces médecins.

Mensonge encore en m’aiguillant vers une allogreffe tout en voulant me faire croire que c’était la seule solution qui me restait.

Mensonge toujours en me parlant de guérison si j’acceptais cette opération. C’est à vérifier bien sûr, mais à ma connaissance, je serais dans cette éventualité un des premiers cas d’une maladie de Waldenström, guéri. Certes j’en aurais été flatté, mais voyez-vous, puisque après tout il s’agissait d’une expérience, j’aurais aimé y aller en connaissance de cause.

 Mais je dois dire que cela n’a plus guère d’importance pour moi. Bien sûr je ne remettrai plus les pieds au centre Henri Becquerel de Rouen.

Hypocrisie et mensonges - Traitement d'une maladie de Waldenström au centre Henri Becquerel de Rouen - Tableau de Giorgio VasariGrâce à Internet, cet Internet que certains médecins abhorrent car ils n’admettent pas qu’un malade se renseigne sur sa maladie sous de fallacieux prétextes, grâce à Internet donc, j’ai trouvé un autre médecin qui ne m’a pas demandé de lui faire confiance mais a simplement pris sur son temps pour tenter de m’expliquer l’inexplicable, conscient que, malgré ses diplômes ou ses titres universitaires dont les gens qui me connaissent savent que je me fous éperdument, la médecine se doit d’être autre chose qu’un business comme cela me semble être le cas au centre Henri Becquerel de Rouen.


 

Pour les lecteurs intéressés par le thème de la médecine et du mensonge, j'ai trouvé sur le blog Survivre un lien menant sur un article de l'Express de septembre 2006. Si vous voulez le lire, il vous suffit de cliquer ici.




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