Ayez pitié de vos médecins suivi d' Hypocrisie et
mensonges
MEDECINE
Ayez
pitié de vos médecins
Cet article est paru sur l'ancienne version du blog
Anecdotes onanistes
hébergée chez Canalblog
le 24 janvier 2007.
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Ce
sont des ratés certes mais avant tout des êtres
humains.
Je m’explique.
Pour prendre mon cas, je les ai toujours
évité.
Je savais qu'ils étaient des tortionnaires.
Ma sœur m’en est
témoin ; enfant, je partais me cacher sous le lit lorsque
notre médecin de famille arrivait à la maison.
Depuis
une dizaine d’années, je fabrique moi
même les
certificats médicaux nécessaires pour le boulot
afin
d’éviter ces Esculapes
d’opérette que sont les
médecins du travail. Mais au mois de juin, j’ai
bien
vu que
j’avais besoin d’eux. Je crachais le sang et
je n'arrivais plus à
tirer mes palettes.
Plein de confiance en la science et avec la foi du charbonnier, je me
précipite au centre Henri Becquerel avec une
extrême
lenteur.
Et pas insistant pour un sou, genre : "Il ne faut
pas vous
déranger pour moi, je repasserai demain, ça urge
pas
hein !". Et là le cirque s’est
déclenché
quand ils ont vu les résultats d’analyse.
Passons
sur les détails. Deux heures après, enfoui au
fond
d’un
lit, manquant déjà de tabac, je vois la femme
médecine
apparaître dans toute sa splendeur, suivi de son
aréopage.
Il y avait Melchior, le boutonneux de service et l’interne au
visage de madone. J’avoue avoir fermé les yeux.
Saint Augustin
s’était trompé. Dieu n’est
pas un homme, c’est
une femme, charmante de surcroît.
Et
là j’ai très vite compris que
j’étais rentré
dans le monde du mensonge ne serait ce que par omission.
Entre les
actes manqués (protocole apparu comme par miracle, hein Jean
Marc !), le refus de vocabulaire et la mine compatissante, la
coupe a vite été pleine alors qu’elle
savait que
j’étais un internaute particulièrement
informé.
Depuis
j’ai réfléchi à ce
comportement qui me
semblait être un déni de mon intelligence. A
l’heure
des bilans, bien sur que j’ai des regrets d’avoir
raté
certains trucs. Mais il y a une chose dont je suis reconnaissant
à
la vie, c’est de connaître mon métier
sur le bout des
doigts, d’avoir toujours des yeux d’enfant quand je
me rends
compte que c’est moi qui ai dompté ce monstre.
Mais
Elle, pendant que je piquais Briséis à Achille,
que
j’invectivais le monde avec Céline, que je
fracassais les
moulins à vent avec Durandal ou
l’épée de
d’Artagnan, que je me soûlais la gueule au fond
d’une ferme
écossaise au point d’en perdre mon camion, que
j’admirais
un lever de soleil après une nuit de débauche
avec des
ribauds et ribaudes d’occasion, etc. etc…, Elle,
elle
étudiait la vie des globules. Fascinant n’est- il
pas ?
Alors,au
bout de je ne sais combien de dizaines d’années
d’étude, quand elle voit Yves le naïf
débarquer
avec une petite maladie de rien de tout style Waldenström,
comment
voulez vous qu’elle me fasse la chronique de ma mort
annoncée ?
Je suis la preuve de son
échec professionnel, la
négation
de son existence, de ses rêves de petite fille de vouloir
sauver le monde.
Toute une vie d’étude pour devoir
me dire
qu’elle ne sait rien ! Alors évidemment,
elle dévie,
elle obscurcit, elle élude soi-disant pour mon
bien . L’éternel
féminin en quelque sorte ! (Excusez
moi, Nicole, Josiane et Arlette je crois maintenant, j’ai pas
résisté…).
Donc
mesdames, messieurs, aimez vos médecins, soyez compatissants
avec eux. D’accord, ce sont des ratés de la vie,
des épaves
laissées sur le bord du chemin par
l’inexorabilité de
la mort.
Mais ils sont
tellement fragiles et attendrissants parfois.
Faites leur croire qu’ils sont des dieux. Cela les rassure
sur leur
destin… Et puis, si je suis vivant aujourd’hui,
c’est aussi
grâce à eux.
N.B.
Je la vois lundi…Je vais lui faire croire que je pense
qu’elle a
réussi à me réparer...Elle
va peut être finir par me dire que j’ai un
cancer !
MEDECINE
Hypocrisie
et mensonges
Voici
donc près d’un an que j’avais
écrit le texte ci-dessus.
C’était la première
fois que je m’exprimais par écrit et, en me
relisant,
même si je trouve la
forme maladroite, je n’ai pas grand-chose à
retirer sur le
fond.
Si ce n’est
peut-être une des dernières phrases : "
Si
je suis vivant aujourd’hui,
c’est aussi grâce à eux ". Maintenant
j’écrirais plutôt que c’est
malgré
les médecins du centre Henri Becquerel.
Si je reprends la
chronologie des
événements, dès que je suis
arrivé à
Becquerel, le mensonge a été présent.
Le
premier interne à qui j’eus affaire
s’offusqua
dès que je lui posai une
question. Ah me dit-il, " vous n’avez pas
confiance " et aussitôt
alla chercher " l’autorité
supérieure ". J’en fus
étonné et
de là
date mon manque de confiance, surtout qu’au cours de mes
séjours à Becquerel,
ce leitmotiv de la confiance me sembla omniprésent dans la
tête des différents
médecins que j’y rencontrai.
J’ai mieux compris
ce
phénomène au fil du temps. Hypocrisie
et mensonge sont en effet les deux principaux arguments
thérapeutiques au
centre Henri Becquerel de Rouen.
Hypocrisie bien sûr en affichant
partout de
façon très ostentatoire cette affichette sur les
droits
des malades avec entre
autres cette phrase dans l’article 3 : " Le
patient participe aux
choix thérapeutiques qui le concerne ". Comment
aurais-je participé à ces
fameux choix puisque jamais un médecin de Becquerel ne
m’a
mis au courant de
vive voix ne serait-ce que du nom de ma maladie ?
La seule
façon dont je
fus informé, c’est en trouvant un protocole de
soins sur
mon lit que je devais
signer pour commencer une chimiothérapie. Et Internet bien
sûr par la suite en
lisant d’ailleurs entre autres des articles de ces
mêmes
médecins de Becquerel
qui refusaient de m’informer . Ce 21éme
siècle est
décidemment
étonnant !
Mensonge
évidemment en
répondant à la moindre de vos questions avec une
éloquence sophistique qui me
paraît innée chez ces médecins.
Mensonge encore en
m’aiguillant vers une
allogreffe tout en voulant me faire croire que
c’était la
seule solution qui me
restait.
Mensonge toujours en me parlant de guérison si
j’acceptais cette
opération. C’est à vérifier
bien sûr,
mais à ma connaissance, je serais dans
cette éventualité un des premiers cas
d’une maladie
de Waldenström, guéri.
Certes j’en aurais été
flatté, mais
voyez-vous, puisque après tout il
s’agissait d’une expérience,
j’aurais
aimé y aller en connaissance de cause.
Mais je dois dire que cela n’a plus
guère d’importance pour moi. Bien sûr je
ne
remettrai plus les pieds au centre Henri Becquerel de Rouen.
Grâce à
Internet,
cet Internet que certains médecins abhorrent car ils
n’admettent pas qu’un
malade se renseigne sur sa maladie sous de fallacieux
prétextes, grâce à
Internet donc, j’ai trouvé un autre
médecin qui ne m’a pas demandé de lui
faire
confiance mais a simplement pris sur son temps pour tenter de
m’expliquer l’inexplicable,
conscient que, malgré ses diplômes ou ses titres
universitaires dont les gens
qui me connaissent savent que je me fous éperdument, la
médecine se doit d’être
autre chose qu’un business comme cela me semble
être le cas au centre Henri
Becquerel de Rouen.
| Pour les lecteurs intéressés par
le thème de la médecine et du mensonge, j'ai
trouvé sur le blog Survivre un
lien menant sur un article de l'Express de septembre 2006. Si vous
voulez le lire, il vous suffit de cliquer ici. |
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