Waldenström story
MEDECINE
Waldenström story
Macroglobulinémie,quand
tu nous
tiens…
Cet article a été écrit par Hans qui vit à Lausanne. Il
est paru
sur l'ancienne version du blog
Anecdotes onanistes
hébergée chez Canalblog
le 04 Septembre 2007.
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Tout
a commencé par une pneumonie carabinée en octobre 2005 ayant nécessité
mon transport d’urgence par ambulance au CHUV. Après avoir passé par
les urgences, les soins intensifs, les soins continus puis la chambre
"normale", j’ai été encore retenu pendant plusieurs jours à l’hôpital
par suite de manque de plaquettes et de globules blancs.
Mon sang, après analyse et étude approfondie par mon médecin de famille
et mon hématologue actuel, a montré que j’étais atteint de
macroglobulinémie de Waldenström
Octobre :
IgM à 38,5 g/l.
J’allais
avoir 68 ans 2 mois plus tard.
Traitement :
Biopsie (merci encore Madame le
Docteur, vous avez fait cela avec des doigts
de fée) deux
plasmaphérèses au
CHUV,
Novembre :
IgM à 25,10
puis, dès
décembre 2005, perfusion
de Cladribine (2-CDA) soit 1 par jour pendant 5
jours en décembre 2005, avec parallèlement 3
injections de Neupogen (leucocytes
très bas)
- Décembre :
IgM 23,20
- En
janvier
2006, 5 injections de Neupogen (1 par jour)
IgM
29,50
- En
février
2006, 5 perfusions de Cladribine (1 par jour)
IgM
23,20
- De
janvier à mars 2006, 9 injections de vitamine B12
- 21
mars
2006, perfusion
de Rituximab
IgM
20,20
Première
expérience très délicate, chute de la
température corporelle, frissons
importants. Le débit du médicament doit
être stoppé,
puis repris plus tard à vitesse plus lente. La suite se
passe bien, mais cette
première perfusion aura duré presque 10 heures.
- 31
mars
2006, perfusion
de Rituximab
IgM
14,50
- 07
avril 2006, perfusion
de Rituximab
IgM 17,70
- 18
avril
2006, perfusion
de Rituximab ; mai 2006
IgM 18,60
- 19
juin au
25
juin, agranulocytose non
fébrile, 7 injections de Neupogen à
domicile (1 par jour)
- 11
juillet 2006, perfusion de Rituximab
IgM 19,40
- 02
octobre
2006, perfusion
de Rituximab
IgM
12,00
- 08 décembre
2006, perfusion
de Rituximab
IgM
14,00
- Janvier 2007
IgM
12,00
- 08 février 2007, perfusion de Rituximab
IgM
10,20
- Mars
2007, agranulocytose fébrile voir
détails ci-dessous
nécessitant une
hospitalisation immédiate aux urgences,
puis en isolation, pendant 3 ½ jours
IgM
10,80 selon
un labo et... 5,00 selon
labo du CHUV
- Juin 2007
IgM
10,80
- Juillet 2007
IgM
9,60
A
noter
qu’aucun traitement ne m’a
été fait de février 2007 à
ce jour, soit en août 2007 au
moment où j’écris ces lignes. Selon mon
hématologue, dans mon état actuel,
une reprise du Rituximab pourrait m’être
fatale (!?!) Le traitement ne serait repris
qu’en cas d’augmentation des IGM.
Des
saignées me sont pratiquées, mes
valeurs
d’hémoglobine se situant toujours dans la limite
supérieure, soit 177 à 180)
MEDECINE
Petit
résumé et quelques détails
concernant l’agranulocytose
fébrile
MW diagnostiquée en
novembre 2005, traitement par
perfusion de Cladribine – 2-CDA (3 x 5
perfusions) pratiquement sans effet, puis traitement par 8 perfusions
de
Rituximab dès mars 2006, dernier traitement
effectué le 6 février 2007. Les IGM
ont chuté de 38,5 g/l à 10,2 g/l durant cette
période, et sont stables à ce
jour. Selon mon hématologue, ce résultat serait
« spectaculaire » !
J’en suis très heureux,
mais…
Mais…, le 16 juin 2006,
détection d’une agranulocytose.
Je fais à domicile 7 injections de Neupogen 30, et tout se
remet dans l’ordre.
A noter : pas de fièvre, pas de frissons.Mot
d’ordre du médecin : en cas de rechute,
et si
la température atteint 38°C ou si des frissons
apparaissent, départ immédiat
pour l’hôpital. Ce dont je prends note avec une
certaine appréhension, mais ce
n’est pas suffisant pour saper mon moral.
Calme
total, perfusions de Rituximab sans aucun
problème…
jusqu’au...
Jeudi 15
mars 2007 où, après
un test
sanguin chez mon hématologue, cette dernière
m’informe que je suis à nouveau en
situation d’agranulocytose. On commence
immédiatement les injections de
Neupogen 30. Et les maux de tête, force 5 environ sur une
échelle de 10 (pas
celle de Richter, quoique souvent des vertiges m’y fassent
penser), se mettent
de la partie, et ne me quitteront plus jusqu’au 20 mars. Ils
seront en partie
soulagés par des médicaments
appropriés que l’on me donnera plus
tard.
Lundi
19 mars -
Apparition
soudaine de fièvre, passant de 37° le matin
à 38.1° en fin d’après-midi,
mais
faisant soudain le « yo-yo »
entre 37°3 et 38.1° à deux reprises,
pour une raison encore inexpliquée. Mon médecin,
consulté, me demande de
contrôler au moyen d’un deuxième
thermomètre. Résultats identiques. Le
médecin
annonce mon arrivée au CHUV à Lausanne avec ordre
de me recevoir immédiatement
et de ne pas me laisser attendre dans une salle…
d’attente (danger) Les
urgences sont saturées, il y a trop de monde,
j’attends près de 2 heures !
Les
neutrophiles continuent à chuter (0.2 à mon
arrivée
aux urgences - Leucocytes à 4.1).
Le thermomètre à l’accueil de
l’hôpital indique 37°3.
Appréhension, car il faut
38° pour être admis selon ce que j’ai
entendu. Et une Agra fébrile, une ! A
l’arrivée dans le secteur des urgences, la
température
est remontée à 38°.
Bizarre.
Jusqu’au ...
Mardi
20 mars
deux heures du matin, je suis analysé, ausculté
sous toutes les coutures,
interrogé… et je commence sérieusement
à avoir un petit creux : je n’ai
rien mangé depuis la veille à 12
heures !
Tant pis, je me contenterai
d’eau. On y verra plus clair au petit déjeuner. On
me déplace ensuite dans une
chambre d’isolement du service des
urgences.
Début du traitement : 1
perfusion de Tianem
(antibiotique)
Après quelques heures, je suis
transféré dans une autre
chambre d’isolement. Traitement pour la
journée : 1 x Neupogen 30 (c’est la
6e injection), 4 perfusions de Tianem (une toutes les six
heures)
Situation :
Leucocytes 3.6, Neutrophiles 0.0.
La
situation m’apparaît de plus en plus noire. Le
moral commence tranquillement à
descendre au niveau de mes chaussettes. Mais il faut tenir bon et
surtout pas
de dépression. Allez, Hans, tu en as vu
d’autres ! Re-transfert dans une autre chambre
d’isolement, cette
fois dans le service d’oncologie. Les médecins se
grattent la tête, car ne
peuvent définir la cause de mon
« mal » Supposition :
foyer
infectieux. Mais il n’y en a pas, il faut se rendre
à l’évidence !
Mon
hématologue est consultée et suggère
une ponction de
moelle. Décision approuvée par les
spécialistes de l’hôpital. Bon,
allons-y ! Il a fallu une double dose
d’anesthésique pour me faire tenir
tranquille, la douleur causée par l’aiguille
étant très forte. Mais tout s’est
finalement très bien passé, les
prélèvements souhaités ont pu
être faits.
Madame le Docteur, j’ai oublié votre nom, ainsi
que celui de vos confrères et
consœurs, mais… chapeau ! Pardonnez cette
absence de mémoire si un jour
vous lisez ce texte.
Je n’ai plus
d’appétit, et la neige
n’arrête pas de
tomber. La perfusion de NaCl me fait gonfler comme un ballon. Je me
force à
manger, mais çà ne passe pas... Et pourtant, la
cuisine est de bonne
qualité ! Ah, qu’elle me manque la bonne
table de la maison, et qu’il me
manque, le sourire indéfectible de mon épouse si
attentionnée !
Bon, secoues-toi !
A force de le dire aux autres,
fais-le aussi toi-même ! Dont
acte.
Mercredi
21
mars. Après des
contrôles jusqu’à deux heures du matin,
je ne
peux plus dormir. Réveil à 6 heures.
Déjà ? Je ne sais plus où je
suis.
L’infirmière, patiente, me laisse reprendre mes
esprits. Prise de sang et
autres examens matinaux. Médication pour la
journée : 1 injection de
Neupogen 30 (c’est la 7e injection) et 4 perfusions
d’antibiotique
Tianem.
A midi, l’infirmier entre tout
excité dans la chambre et me dit
« j’ai de bonnes
nouvelles » N’osant
y croire, je dresse non pas l’oreille, mais les deux oreilles
et prends un air
interrogateur.
Leucocytes
5.5,
Neutrophiles 1.1
selon prise de sang du matin,
m’annonce-t-il.
Je
m’étrangle
à moitié
d’émotion et mes yeux sont
légèrement embués. Quel
bonheur ! Mon moral quitte mes
chaussettes pour reprendre une altitude plus propice à une
reprise en mains
générale. Arrivée de la cheffe de
clinique, qui se rend compte de ma vive
émotion. Elle en sourit. Mais il faut continuer les soins
encore jusqu’à jeudi
soir. Le traitement antibiotique ne peut pas être interrompu
sans autre. Mais
peu m’importe !
Les interdictions figurant
sur la porte de la chambre
sont retirées, l’isolement est
levé…et un compagnon de chambrée
m’est adjoint,
en l’occurrence un monsieur d’un certain
âge, comme l’on dit chez nous. Nous
sympathisons rapidement. Diantre, tout va bien, il faut en faire
profiter les
autres ! La joie est communicative.
Jeudi
22 mars.
La
nuit a été plus tranquille, car la
dernière visite de
l’infirmière était à minuit.
Prise de sang à 6 heures, pression, et autres petites
joies annexes du programme, petit déjeuner… et
attente.
Médication pour la
journée : Neupogen 30 et Tianem.
A midi,
l’infirmier
m’annonce :
Leucocytes
8.8, Neutrophiles
3.7.
Dernière perfusion de Tianem à 17 heures,
et après vous pourrez rentrer à la maison. Quel
bonheur !
Lors de la visite du médecin
avant mon départ, je suis informé que la cause du
mal serait donc bien le
Rituximab, quoique cela se produise très rarement. Mais ce
diagnostic provient
aussi du fait que j’ai déjà eu une
telle réaction, mais non fébrile, en juin
2006, (ainsi qu’après ma pneumonie en 2005) Un
nouveau traitement devra
peut-être être mis en place, mais mon
médecin en décidera. J’ai une totale
confiance. Dommage qu’il y ait eu ces effets
secondaires, car ce Rituximab promettait encore de bons
résultats !
Et
voilà ! En juillet 2007, mes IgM étaient
descendues à 9,6 g/l. Je
mène une vie quasi normale, tranquille, sans
excès, avec exercice physique
(marche et escaliers à pied !!) tous les jours.
Seuls effets
secondaires : quelques petits vertiges de temps
en temps, maux de tête et fatigue. Les vertiges ne durent
d’une fraction de
seconde, les maux de
têtes restent faibles, mais la fatigue est souvent assez
importante.
Dans cette "story", je donne peut-être trop d'importance aux IgM,
mais je ne connais rien d'autre de cette maladie. Pour être
honnête, je crois que j'oublie systématiquement les termes
techniques et autres faits importants décrits par mon
hématologue. Je n'ai plus la tête à
çà. J'ai la tête à une certaine insouciance.
Et croyez-moi, je considère çà aussi comme une
médicamentation. A tort ou à raison ? Je ne sais
pas… Question de philosophie peut-être…
Dans exactement 4 mois, je vais fêter
mes 70 ans, et
je suis heureux que ma nature optimiste me soutienne à un
point tel que j’ai
l’impression de ne souffrir que de légers maux. A
ceux qui liront ces quelques
lignes, j’aimerais insuffler courage, confiance, optimisme
ou, tout simplement,
vivez du mieux que vous le pouvez sans trop penser à ce que
vous avez.
Inconscience, autruche ? Je ne sais pas… Dans tous
les cas, çà m’aide à
surmonter moralement et physiquement cette situation.
Depuis
la Suisse, ce 28 août 2007 /
Hans M.
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