Van Gogh - Neige à Arles
Mon cher Theo,
Durant le voyage j'ai pour le moins autant pense a toi, qu'au nouveau
pays que je voyais.Seulement je me dis que plus tard tu viendras
peut-être toi-même souvent ici.
Il me semble presque impossible de pouvoir travailler a Paris, à moins
que l'on n’aie une retraite pour se refaire, et pour reprendre son
calme et son aplomb. Sans cela on serait fatalement abruti.
Maintenant je te dirai que
pour commencer il y a partout au moins 60 centimètres de neige de
tombée, et il en tombe toujours.
Arles ne me semble pas plus grand que Breda ou Mons.Avant d'arriver à
Tarascon j'ai remarqué un magnifique paysage - d'immenses rochers
jaunes, étrangement enchevêtrés. Des formes les plus imposantes.
Dans les petits vallons de ces rochers étaient allignés de petits
arbres ronds au feuillage d'un vert olive ou vert gris, qui pourraient
bien être des citronniers.Mais ici à Arles le pays paraît plat.
J'ai aperçu de magnifiques
terrains rouges plantés de vignes, avec des fonds de montagnes du plus
fin lilas. Et les paysages dans la neige avec les cimes blanches contre
un ciel aussi lumineux que la neige, étaient bien comme les paysages
d'hiver qu'ont fait les Japonais.
Voici mon adresse:
Restaurant Carrel,
30 Rue Cavalerie,
(Departement Bouches du Rhône)
Arles.
Je n'ai encore fait qu'un petit tour dans la ville, étant plus ou moins
esquinté hier soir.J'écrirai bientôt - un antiquaire où j'entrais hier
dans la même rue ici, me disait connaître un Monticelli.
Avec une bonne poignée à toi et aux copains,
b. à t.
Vincent
Arles, 21 février
1888
Lettre de Vincent Van Gogh à son frére
Théo
Ref: Lettre 463 - de Vincent à Théo
| Vincent Van Gogh |
Paysage
neigeux à Arles |
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Snowy
Landscape with Arles in the Background |
| F 391 |
Arles -
Février 1888 |
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